Kyzyl, capitale de Touva (Sibérie/Russie)

Kyzyl, tout au sud de la Sibérie à la frontière mongole, 112 000 habitants, est à la fois capitale de Touva, berceau du fleuve ienisseï et centre géographique de l’Asie.

Je m’y suis rendue seule, d’une traite avec ma voiture de location depuis Krasnoïarsk, j’y ai passé une semaine et j’ai été émerveillée par cette ville de steppe.

Sentiment de liberté incroyable, beauté de ses paysages, lumière exceptionnelle, gentillesse et excellent accueil de sa population.

Touva, une destination déconseillée (à tort)

A chaque fois que je parlais à des russes de mon projet de me rendre seule à Touva pour y rencontrer des docteurs en médecine tibétaine cela déclenchait des réactions de vive inquiétude: « N’y vas pas les Touvains sont dangereux, ils sont fous, ils sont tous alcooliques, ils deviennent hyper-violents quand ils ont bu, il ne va t’arriver que des problèmes… « 

Aux quatre coins de la Russie on me dressait un portrait peu reluisant de Touva, portrait toujours dressé par des gens qui n’y avait jamais mis les pieds.

Je ne nie pas qu’il puisse y avoir une part de vrai dans ses allégations mais moi en tout cas ce n’est pas l’expérience que j’en ai fait et j’ai au contraire quitté Kyzyl à contre-coeur avec la ferme intention d’y retourner plus longtemps.

Présentation rapide de Touva

Touva est une république de la fédération de Russie située à l’extrême sud de la Sibérie à la frontière avec la Mongolie. Son peuple est un peuple turcophone originaire de l’Altaï mongol.

Jadis respectivement sous le joug des turcs, des mongols et des mandchous puis occupée par les russes, après une tentative d’indépendance elle sera intégrée à la Russie en 1944.

Touva est un territoire sauvage et peu peuplé, une région de steppe, de montagnes, d’ours et d’épaisses forêts, où croyances bouddhiques et chamaniques s’entremêlent entre battements de tambour et chants de gorge diphoniques.

Le fleuve ienisseï

C’est à Kyzyl que se forme le fleuve ienisseï de la confluence du grand et du petit ienisseï. Ce fleuve long de 4000 km remonte toute la Sibérie jusqu’à se jeter dans la mer de Kara qui borde l’océan arctique. A kyzyl il est omniprésent et une jolie et récente promenade fait affluer joggeurs et promeneurs le long de sa rive gauche.

Le centre géographique de l’Asie

Pour être plus précise, il existe actuellement deux centres géographiques de l’Asie puisque la Chine et la Russie se le disputent. Selon les chinois ils seraient en pays Ouïghour dans le Xinxang et selon les russes ici à Kyzyl à quelques mètres de la rive gauche du fleuve ienisseï. Les deux pays ont des calculs fiables pour le prouver, le fond du problème est plus politique car il relève d’une histoire de placement de frontières qui une fois bougées ne donnent pas le même résultat final.

En tout cas à Kyzyl, le centre géographique de l’Asie est matérialisé par ce monument, une grosse boule sur laquelle figure le continent asiatique surmonté d’une longue tige au bout de laquelle trône fièrement un cerf, symbole d’un dieu du ciel pour les anciens touvains.

Petit aperçu de la ville

Bâtiment en cours de construction au moment de la rédaction de cet article, il devait abriter les services de l’état civil ainsi que le département archéologique du musée national et sur son toit, un cône doré qui imite la forme du chapeau touvain

Le marché de Kyzyl

Le marché de Kyzyl est petit mais vivant et on y trouve des choses que l’on a pas l’habitude de voir, surtout au rayon boucherie…

Fruits en provenance d’Asie centrale, au marché de Kyzyl les fraises se vendent au verre (1,15 €)

Le musée de Kyzyl

Le musée national de Kyzyl recèle d’inestimables  trésors trouvés dans les années 70, puis dans les années 2000 par des archéologues allemands dans le village d’Arjan et qui seraient parmi les plus importants de la steppe eurasienne.

La coutume voulait que les chefs Scythes, peuple d’éleveurs nomades d’Asie, se fassent inhumer avec chevaux et ornements dans d’immenses tombes circulaires.

L’histoire de l’une d’elles, datant d’il y a environ 3000 ans, est mise en lumière au musée de Kyzyl. On trouve également au musée des traces d’un passé nomade et d’un présent bouddhique et chamanique.

Musée national de Kyzyl

Les plus belles rencontres

Cheynesh, devenue depuis ma partenaire de karaoke à Moscou

Petite randonnée sur les collines environnantes

En une chaude fin d’après-midi de juin, petite ascension au mont Doguè, une montagne sacrée sur les hauteurs de Kyzyl avec ma copine Chayana.

Et pour ceux qui chercheraient une destination authentique et sans touristes: Touva est the place to be !

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